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Blog médical et geek d'un médecin généraliste :
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dimanche 16 février 2020

Dragi Webdo n°257 : soins palliatifs (HAS), incontinence urinaire, corticoïdes inhalés/BPCO, bêta-bloquants/IDM

Bonjour à tous! Ça fait exactement 6 ans que le blog a été créé! Merci à tous pour votre fidélité, vos encouragements, et tout et tout! (je vous passe la séquence émotion: "ça a commencé quand j'étais interne blablabla"...)
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Bonne lecture, et n'hésitez pas à laisser des commentaires!


1/ Pharmacovigilance

L'ANSM a publié une actualisation de l'information à propos de l'acétate de cyprotérone et du risque de méningiome. L'agence confirme les risques, et la surveillance initiale, à 5 ans puis tous les 2 ans en cas de prescription à 50mg (Androcur* etc). Les pilules faible dose type Diane 35 n'entrainent pas de surveillance particulière mais sont contre-indiquées en cas d'antécédent de méningiome.

Une étude de cohorte japonaise retrouve une association entre la consommation d'antidépresseurs et le risque de diabète de type 2. Le risque diminuait après arrêt des antidépresseurs. Les habitudes de vie étant quand même plus sédentaires en cas de dépression, je ne sais pas s'il n'y a pas de gros facteurs de confusion dans cette étude bien que certains aient été pris en compte.

Histoire de s'y perdre un peu, un article parle des méthodes utilisées pour adapter les posologies à l'insuffisance rénale. C'est généralement la formule de Cockroft qui est utilisée, alors que la définition repose maintenant sur la CKD-EPI, donc il faudrait utiliser la formule de Cockroft pour être plus proche des études. Sauf que la standardisation de la mesure de la créatinine pour calculer la CKD-EPI fait que la mesure n'est pas forcément adaptable pour calculer la formule de Cockroft. Mais comme souvent la formule utilisée n'est pas notée, autant faire avec la CKD-EPI.


2/ Cardiovasculaire

On avait parlé pas mal de fois de la place des bêta bloquants parfois controversée au long cours en post-infarctus (ici). La Cochrane a publié une méta-analyse concernant ces traitements en post-infarctus. Les auteurs retrouvent que les bêta bloquants permettent une diminution du risque de mortalité globale et cardiovasculaire à long terme mais pas à court terme. Cependant, ici, les études incluses étaient versus placebo, donc ça confirme le besoin d'un traitement anti-ischémique (ici le bêta bloquant), mais il n'y a pas eu de comparaison avec d'autres anti-ischémiques pour savoir si on pouvait remplacer le bêta bloquant par un autre traitement s'il était mal toléré.


3/ Soins palliatifs

La HAS a mis a disposition 2 documents concernant la fin de vie. Le 1er concerne la mise en place théorique de la sédation (les conditions nécessaires, la préparation, la décision collégiale etc...), et la 2ème est la fiche pratique concernant l'antalgie et la sédation  en situation palliative. La fiche généraliste est plus informative que pratique (parce que l'introduction de la méthadone, de la ketamine et les blocs, je ne pense pas en faire beaucoup....). La fiche concernant la sédation profonde notamment par midazolam est assez bien décrite pour pouvoir être mise en place.


4/ Pneumologie

Les corticoïdes inhalés ont une place qui s'est éloignée dans l'algorithme de prise en charge des patients BPCO. Dans cette étude de cohorte rétrospective de patients, les patients de plus de 65 ans hospitalisés pour exacerbation de BPCO ayant eu un arrêt des CSI avaient un taux de réhospitalisations et de mortalité moindre que ceux ayant poursuivi leur CSI. Une des explications peut être que remplacer un CSI par un anti-cholinergique est plus efficace pour réduire le risque d'exacerbation (ça c'est démontré) et donc de complications liées à ces exacerbations.

Je parlais de l'étude NELSON sur le dépistage du cancer du poumon chez les patients BPCO. Voici une infographie que j'ai trouvé sur le compte Twitter @dokter_no :


5/ Gynécologie

Un article d'Annals of Internal Medicine parle de l'incontinence urinaire de la femme. Les auteurs rappellent qu'une cause fréquente est la iatrogénie médicamenteuse. Ensuite, le diagnostic repose essentiellement sur l'interrogatoire : favorisé par la toux et l'activité physique: d'effort / besoins urgent de vider la vessie: par impériosité / les 2: mixte /aucun: autre cause à rechercher (ils ne parlent pas de la miction par regorgement à moins qu'ils l'associent à celle d'effort). Les auteurs rappellent que l'examen pelvien n'est pas nécessaire sauf si suspicion de prolapsus. Le traitement est décrit selon le type d'après le tableau suivant:



J'en avais déjà parlé il y a quelques années, le vaccin anti-HPV fonctionnerait en 1 seule injection. Cette étude rétrospective retrouve également un risque de lésions précancéreuses diminuées avec 1 seule injection et du même ordre de grandeur qu'en cas de vaccination par 2 ou 3 injections. On peut quand même se demander si le temps de suivi est suffisant car limité à 5 ans, ce qui est peu pour des injections faites avant 15 ans (aux Etats Unis, le frottis est recommandé à partir de 20 ans et non 25, il me semble).


6/ La revue quali hebdomadaire de @DrePetronille

Cette semaine, l'article quali parle du vécu des patientes ayant survécu à un cancer du col de l'utérus (1 à 4 ans après la fin du traitement). L'article colombien propose une analyse par théorisation ancrée des entretiens semi-directifs des 13 femmes âgées de 24 à 68 ans interrogées. La méthodo est plutôt bien détaillée dans l'article et le travail a amené à une réflexion sur ce que c'est que d'être une survivante du cancer à travers plusieurs thèmes. La réalité du cancer: vivre avec l'inconnu de la maladie pour soi-même (croyances, traitements, évolution, expériences...) et vis à vis des autres (notamment le fardeau thérapeutique et les coûts liés à la maladie). Ces femmes sont des femmes résiliantes, qui affrontent la maladie et ses difficultés (le poids du diagnostic de "cancer", des effets secondaires du traitement et notamment ceux de la curiethérapie), et affrontent la vie malgré la fatigue générée par la maladie et ses soins (trouver la force de continuer, s'appuyer sur le soutien familial) jusqu'à réussir à surmonter la maladie et pouvoir se projeter malgré la peur des rechutes (affronter les effets indésirables tardifs, se réinvestir dans le travail, développer de nouveaux projets personnels satisfaisants, se réinvestir dans la vie familiale et l'opportunité de trouver un sens nouveau à sa vie, en étant de meilleures personnes...). En bref, des femmes fortes qui jonglent entre l'espoir et la peur, la solitude et le soutien de leurs proches, le désir de vivre et la fatigue, qu'il faut savoir accompagner dans les différents moments de leur parcours.







C'est quasiment tout pour cette semaine! Je conclurai comme souvent sur les nouvelles technologies: pour le moment les smartphones ne font pas mieux que les humains pour dépister les mélanomes et autres cancers cutanés d'après cet article du BMJ. Voilà, à la semaine prochaine !

@Dr_Agibus




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