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Blog médical et geek d'un médecin généraliste :
« Guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours. » (Louis Pasteur)

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Urologie



Prostate

Adénome prostatique

2018: Lors du congrès d'urologie française, les spécialistes ont établis de nouvelles recommandations concernant la prise en charge de l'adénome prostatique (hypertrophie bénigne de prostate). En attendant une version publiée complète, on peut quand même lire qu'il y a de examens systématiques (toucher rectal, ECBU, débimétrie et résidu post mictionnel), et des examens dépendant du patient (catalogue mictionnel, PSA, créatininémie, urétrocystoscopie, échographie prostatique, mesure de pression en débit). Bref, on retiendra surtout un PSA non systématique, et toujours la même déconnexion de la réalité, étant donné que peu de généralistes font les toucher rectaux car peu impactant sur la prise en charge (et un savoir faire assez absent pour arriver a évaluer le poids d'une prostate avec l'index) et que la débimétrie d'emblée.... mouais. Je suis néanmoins d'accord avec la mesure du résidu post mictionnel systématique, et au passage une évaluation de la prostate en sus-pubien devrait être suffisante sans surcout pour le patient ou la société (ce qui dispense du TR puisque la mesure du volume résiduel doit être systématique). Il faut penser à éliminer les autres causes de nycturies (SAOS, HTA, diabète...) Un dernier point intéressant concerne le lien à explorer entre HBP, dysfonction sexuelle et risque cardiovasculaire qui sont des points à rechercher.

2015: L'association française des urologues a publié des recommandations de prise en charge de l'hypertrophie bénigne de prostate pour le médecin généraliste. Le bilan initial comporte nécessairement un interrogatoire ciblé, un toucher rectal et une analyse urinaire. La mesure de la créatininémie, l'échographie des voies urinaires et le PSA étant optionnels et n'étant pas nécessaire dans le suivi de la pathologie. L'avis d'un spécialiste est nécessaire devant des urgenturies isolées, ou des signes de gravité (symptômes sévères, résidu post mictonnel >100mL et globe vésical). Rien de très neuf sur la thérapeutique: phytothérapie et alphabloquants en monothérapie , puis inhibiteurs de la 5 alpha réductase seuls ou en bithérapie en cas de symptômes marqués.

Syndrome douloureux pelvien chronique

La Cochrane revient sur les syndromes douloureux pelviens chroniques (ex prostatite chronique) et trouvent que les mesures associées à une moindre douleur étaient: l'acuponcture, être circoncis (pas sur que de façon prospective ça marche...), l'activité physique, les thérapies par ondes de choc et la thermothérapie trans-rectale.

Troubles urinaires

Hématurie

Le JAMA Internal Medicine s'est intéressé au explorations coût efficace devant une hématurie microscopique asymptomatique. Les auteurs retrouvent un meilleur rapport cout-efficacité avec l'association échographie + cystoscopie. L'ajout de l'uro-TDM était mineur même chez les patients à haut risque (hommes fumeurs de plus de 50 ans) pour un coût élevé.

2015: La société américaine d'urologie a écrit des recommandations sur la prise en charge de l'hématurie microscopique. Le diagnostic, établi après élimination des causes bénignes (infection, pertes méno/métrorragies, exercice phyique)  repose sur un ECBU (avec compte des hématies et cytologie urinaire). Le bilan explore l'arbre urogénital par cystoscopie à partir de 35 ans ou avant en cas de facteur de risque (tabac, signes irritatifs ou obstructifs urinaires, chimiothérapie) et par uroscanner (IRM si contre indique, voire échographie +  cystographie rétrograde en cas de contre indication aux autres examens). Un bilan négatif doit être contrôle à un an en cas de persistance, puis espacé tous les 3 à 5 ans.

Vessie hyperactive


Une étude s'est intéressée à la prise en charge de la vessie hyperactive chez l'homme.  Les patients ayant eu un traitement par intervention comportementales avaient une amélioration des symptômes à 3 mois, un peu meilleure que ceux ayant eu un traitement médical seul, et semblable à ceux ayant eu à la fois un traitement par intervention comportementale et traitement médical. De plus, l'efficacité  était plus rapide dans les groupes avec intervention comportementale que dans le groupe avec traitement médical seul. L'intervention comportementale comprenait de la rééducation musculaire pelvienne, un journal des mictions, des feedbacks et conseils au quotidien. 

Incontinence urinaire

2014: Chez l'adulte donc, l'incontinence urinaire, (pathologie que j'ai toujours eu du mal a prendre en charge, soit dit en passant), a été codifiée par l'Association Française d'Urologie dans des recommandations utilisant un arbre décisionnel relativement facile à utiliser qui se veut "de première ligne".

Un article d'Annals of Internal Medicine parle de l'incontinence urinaire de la femme. Les auteurs rappellent qu'une cause fréquente est la iatrogénie médicamenteuse. Ensuite, le diagnostic repose essentiellement sur l'interrogatoire : favorisé par la toux et l'activité physique: d'effort / besoins urgent de vider la vessie: par impériosité / les 2: mixte /aucun: autre cause à rechercher (ils ne parlent pas de la miction par regorgement à moins qu'ils l'associent à celle d'effort). Les auteurs rappellent que l'examen pelvien n'est pas nécessaire sauf si suspicion de prolapsus. Le traitement est décrit selon le type d'après le tableau suivant:




Les essais portant sur les psychothérapies se multiplient. Cette fois, c'est un essai portant chez les femmes souffrance d'incontinence urinaire qui sont randomisées en groupe contrôle (pas d'intervention du tout) versus thérapie comportementale de groupe. Les auteurs retrouvent une amélioration significative des symptômes avec la psychothérapie bien que la pertinence clinique de la différence soit faible. Une option à proposer en plus de la rééducation avant un traitement chirurgical?

Lithiase rénale


2014: On continue avec les courtes recommandations américaines sur la prévention des lithiases rénales: boire 2 L d'eau par jour et si besoin , possibilité de prescrire de l'allopurinol ou des diurétiques thiazidiques en fonction de la nature des calculs.


2014: L'association française d'urologie parle de la prise en charge des lithiase urinaires. On y retrouve la prise en charge hors contexte aiguë des lithiases. Le bilan étiologique a effectué y est clairement décrit et doit être effectué dès le 1er épisode de lithiase:
- Le lundi matin: glycémie à jeun, créatininémie, calcémie, acide urique
- Du samedi au dimanche: bilan urinaire sur 24 heures avec urée, sodium, crétininurie, acide urique, urée, calciurie.
- Bandelette urinaire au réveil: densité et pH +/- ECBU
Pour mémoire, voici les calculs qu'on peut voir à l'ASP lors du bilan avec le couple ASP+Echo:


Une méta analyse du BMJ a étudié l'efficacité des alpha-bloquants dans les coliques néphrétiques. Voilà plusieurs années que ces traitements semble être efficace. Cette méta analyse retrouve une augmentation de 50% de le passage des calculs, diminuant le délai d'expulsion de 3 jours, réduisant de plus de 50% les interventions chirurgicales. Et pourtant, suite à la remarque judicieuse de certains externes, les alpha-bloquants ne sont toujours pas nommés dans les Collèges de néphrologie ni d'urologie, alors qu'ils sont indiqués comme efficaces depuis 2009 par l'association française d'urologie pour des calculs de moins de 10mm. Laissons donc apprendre des données non à jour à nos futurs médecins...

Une étude publiée dans le Lancet c'est intéressée à la prise en charge de la douleur dans la colique néphrétique en randomisant les patients en un groupe diclofénac, un groupe morphine et un groupe paracetamol. Le traitement le plus efficace pour diminuer de 50% la douleur après 30min était l'AINS. Il n'y avait pas de différence significative entre la morphine et le paracetamol. On aura vite conclu à la supériorité du diclofénac. Cependant, la morphine était donnée à dose fixe 0,1mg/kg et n'était donc pas la résultante d'une titration, ce qui est fait de façon classique: la morphine était elle à bonne dose? De plus, dans cet essai à 3 bras, 3 comparaisons ont été prévues d'après le protocole sur clinicaltrial.gov: paracetamol vs morphine, morphine vs diclofenac et paracetamol vs diclofenac. On doit alors prendre en compte des comparaisons multiples,  dont la partie analyse de la méthode ne fait pas mention, parce que plus on fait de test, plus on a de risque de trouver un résultat positif (logique...). Une de ces méthode est la méthode de Bonferoni: il suffit de diviser par le nombre de tests le p(global) pour avoir un p identique à chaque test. Ici: 0,05/3= 0,0167. Le seuil de significativité est donc 0,0167. Maintenant, regardons le résultat de la comparaison morphine vs diclofenac: "OR=1,35 ; p=0,187" ! DAMNED! Avec une méthodologie correcte, il n'y a plus de différence entre les groupes, et leur résultat n'est plus "positif". On s’aperçoit qu'ils ne publient pas la comparaison diclofenac vs paracetamol, comme ça il n'y a plus que 2 comparaisons et donc leur résultat reste significatif (p<0,025)... Je passerais sur le fait que c'était une étude de non infériorité convertie en supériorité mais les résultats de non infériorité ne sont pas présentés correctement. Bref, ça sent le bidouillage d'analyses cette histoire. Vous allez dire que je vois des conflits d'intérêt partout, mais en tous cas les Qatari arrivent a publier dans des grandes revues.

Aux urgences,  en général, la colique néphrétique amène à devoir choisir entre un scanner et l'échographie. Le NEJM présente un article sur plus de  2700 patients randomisés, montrant qu'il n'y a pas de différence sur les complications et les douleurs de patients ayant eu l'un ou l'autre des examens. Cependant, ceux ayant eu un scanner ont été beaucoup plus irradiés!

Troubles de la sexualité

Hématospermie

Le BMJ a publié une revue sur l'hématospermie. C'est peu courant mais pas non plus assez rare pour ne pas savoir quoi faire. Les causes à rechercher sont plutôt simples: une infection (IST, prostatite, orchite), un traumatisme (choc, complication d'un geste prostatique), mécaniques (lithiase, abstinence prolongée), tumorales (cancer de prostate ou des testicules, lymphome, leucémie) ou "systémiques" (tuberculose, trouble de coagulation, HTA sévère). Un diagramme a été fait pour se repérer: avant 40 ans, si le bilan (clinique, sanguin, ECBU, spermoculture) est normal, ne rien faire en l'absence de récidive. Sinon, traiter la cause ou envoyer à l'urologue. (L'échographie testiculaire n'apparait pas dans l'arbre diagnostic)


Dysfonction érectile

2018: La SFHTA a publié des recommandations concernant les dysfonctions érectiles, fait avec des cardios, des néphros, des endocrinos, des uros, des infirmiers, des psychologues et pas de généralistes. On ne s'étonne donc pas qu'il soit noté pour plein d'examens: "à faire en seconde intention sur indication du spécialiste", alors que le généralistes est amené a gérer les troubles sexuels en première intention et ce jusqu'à ce qu'il ne se sente plus compétent. Le bilan recommandé comporte un bilan "HTA-like" (glycémie, EAL, créatininémie, protéinurie/créatininurie, ECG). Les dosages de testostéronémie, prolactinémie et TSH ne doivent pas être systématique, tout comme le doppler des artères hypogastriques et péniennes. Cependant, en dehors du faible risque cardiovasculaire, une épreuve d'effort est recommandée avant l'introduction du traitement par IPDE-5.

2018: Des recommandations ont été proposées par les sociétés savantes de seologie pour la prise en charge des dysfonctions érectiles. Elles peuvent être prises en charge en soins primaires quand elles sont sans facteur de risque de complexité, c'est à dire: secondaires, isolées (sans autre trouble sexuel), relativement récente, avec une fonction érectile résiduelle. Les IPDE-5 sont le traitement de première intention.

Parlons maintenant de sexe et de mortalité. Une étude rétrospective suédoise a analysé la survie des patients avec une prescription d'inhibiteurs de la phospohodiesthérase-5 ou d'alprostadil pour dysfonction érectile après un infarctus du myocarde. Les auteurs ont retrouvé que les chez les patients traités par IPDE-5, le risque de mortalité à 3 ans était diminué de 33% par rapport à ceux sans traitement. Le bénéfice était majorée avec le nombre de délivrance de ces traitements. On peut alors se demander si c'est l'IPDE-5 qui est bénéfice ou l'activité physique répétée qui améliore la survie! L'étude répond également en partie à cette question, car les patients traités par alprostadil n'avaient pas de gain de mortalité et la comparaison directe entre IPDE-5 et alprostadil était en faveur d'un traitement par IPDE-5 pour réduire la mortalité. Une piste à explorer dans les traitements de l'infarctus? Ou un simple reflet de l'observance des bêta-bloquants chez les patients?



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Éjaculation précoce

D'abord, la sexualité masculine et l'éjaculation précoce. Au niveau des statistiques, c'est un peu comme le point de vue des organiseurs d'une manifestation et celui de la police. Selon les hommes,  20 à 30 % seraient atteint d'éjaculation précoce, et 5% selon les critères. Tout ça pour dire que des recommandations de prise en charge de l'éjaculation précoce ont vu le jour! Les critères diagnostic sont codifiés, les traitements décrits en privilégiant la prise en charge psychologique associée si nécessaire à la prise de traitements médicamenteux et notamment d'IRS.

Infertilité masculine


Le BMJ a publié une infographie pratique sur les causes de l'infertilité masculine. On y trouve aussi le bilan et comment l'interpréter pour savoir si la cause est plutôt hormonale, fonctionnelle, obstructive ou testiculaire. Ça ne va pas me servir tous les jours, mais je serais bien content d'avoir cet article sous la main quand j'en aurai besoin...

Pathologies génito-scrotales

Cryptorchidie

Le BMJ a publié une fiche technique sur la cryptorchidie. Les auteurs recommandent une palpation testiculaire au cours des 3 premiers mois de vie. Il faut différencier des testicules non palpés des testicules palpés non descendus. Il est nécessaire d'orienter en urgence en cas: de suspicion de malformation associée (hypospadias etc...), de testicules non palpés de façon bilatérale et en cas de douleur testiculaire. Des testicules non descendus palpés sont à adresser rapidement si c'est bilatéral, et à 3 mois si unilatéral. Il ne serait pas utile d'effectuer d'imagerie avant l'avis spécialisé. Une orchidopexie pourra être programmée entre 6 et 18 mois.

Varicocèle


Un article parle maintenant des varicocèles, présents chez 20% des hommes. En augmentant la température testiculaire, ils peuvent altérer la spermatogenèse, abaisser production de testostérone et conduire à une infertilité. Ceux de grade 1 et 2 sont généralement asymptomatiques. Le diagnostic est clinique et l'échographie plutôt à utiliser en cas de symptômes (après avoir éliminé une infection si le symptôme est la douleur). Le traitement (chirurgical ou embolisation) n'est nécessaire qu'en cas d'inconfort ou d'infertilité, avec une efficacité d'environ 80%.

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