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Blog d'un médecin généraliste, chef de clinique universitaire:
« Guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours. » (Louis Pasteur)

dimanche 10 février 2019

Dragi Webdo n°214: mesure TA, vaccin (US), coiffe des rotateurs, HPV, anxiété généralisée, macro-progestatifs

Bonjour à tous! L'actualité a été dense cette semaine, alors la sélection a été difficile... Commençons d'abord, par cette étude du BMJ qui montre l'efficacité des assistants médicaux, nommé en anglais "scribes" (en fait, ça ressemble pas mal à des externes...) qui augmentent d’environ 15% la productivité aux urgences et réduisant la durée de séjour aux urgences de 19 minutes! Aller bonne lecture!


1/ Pharmacovigilance

Les macro-progestatifs (chlormadinone et nomégestrol, alias Luteran et Lutényl) pourraient augmenter risque de méningiome. Ce n'est pas  une association d'après l'ANSM mais on en est au stade de déclaration de cas nécessitant une surveillance. La recommandation est donc d'arrêter ces traitements en cas de découverte de méningiome, de les prescrire dans l'AMM et d'informer les patientes de ce potentiel risque.


2/ Cardiovasculaire

Une méta-analyse concernant les prises de tension au cabinet a recherché le meilleur moyen de prendre la tension artérielle. Les auteurs ont comparé les mesures automatisées ( c'est à dire sans intervention du patient, l'appareil prend plusieurs mesures de suite alors qu'il est seul sans la pièce pour réduire l'effet blouse blanche), par rapport aux mesures classiques (mesures manuelles ou électroniques qui ne correspondent pas aux mesures automatisées).  Il y avait une surestimation des valeurs lors de mesures classiques par rapport aux mesures automatisées. Par ailleurs, il n'y avait pas de différence entre les mesures automatisées et les mesures ambulatoires diurnes par MAPA. Les recos de 2018 donnant pour consigne de diagnostiquer avec des mesures ambulatoires puis d'adapter sur des mesures au cabinet, il serait donc plus pertinent d'utiliser les mesures automatisées au cabinet pour adapter les traitements étant donné qu'elles sont proches des mesures ambulatoires au lieu de mesures classiques au cabinet.


3/ Infectiologie

Les recommandations vaccinales belges viennent d'évoluer en ajoutant la vaccination anti HPV des garçons entre 9 et 14 ans, il est possible que les françaises évoluent également très prochainement.

En parallèle, les américains ont également publié leurs nouvelles recommandations vaccinales. Première remarque, on a vraiment peu de vaccin en France. En effet, dans le calendrier US, on peut voir recommandé chez tous les adultes: un vaccin anti-grippal annuel, le diphtérie/tétanos tous les 10 ans, 2 dose de vaccins anti-varicelle, les vaccins anti-zona (notamment le nouveau recombinant qui est plus efficace), les vaccins anti HPV chez les hommes et femmes ainsi que les vaccins anti-pneumocoque à partir de 65 ans.

La Cochrane a étudié l'impact des corticoïdes oraux dans la prise en charge de la grippe. Les auteurs ont retrouvé qu'il n'y avait pas de bénéfice, avec un doute sur une majoration des complications. Donc, à éviter.

4/ Rhumatologie

Un article du BMJ parle des tendinopathies de la coiffe des rotateurs. Cette revue rapide ne retrouve pas de bénéfice claire à un traitement chirurgical par acromioplastie de décompression par arthroscopie par rapport au traitement non-chirurgical (kinésithérapie, AINS, infiltrations) devant l'absence d'amélioration fonctionnelle et de qualité de vie à 1 an et les risques opératoires et post-opératoires.


4/ Gynécologie

Faut il dépister le cancer du col de l'utérus avec une recherche systématique d'HPV oncogènes? Cette étude observationnelle britannique a retrouvé que la recherche d'HPV oncogène systématique conduisait à une augmentation des diagnostics de CIN 3+ et de cancer de respectivement 44% et 27%. Cependant, il y avait 80% de colposcopie en plus, c'est quand même pas mal...


5/ Psychiatrie

Pour finir, un article du Lancet a comparé les différents traitements pharmacologiques de l'anxiété généralisée dans une méta-analyse en réseau. Les auteurs retrouvent que la duloxetine, la prégabaline, la venlafaxine, et l'escitalopram sont les plus efficaces, mais parmi ceux là, la prégabaline est la molécule la plus acceptable par les patients. En vrai, quand on regarde l'ensemble des traitements étudiés, dont les benzodiazépines, la fluoxétine et l'hydroxyzine, tous sont a peu près aussi efficaces, avec des intervalles de confiance qui se chevauchent tous, mais la tolérance est parfois moins bonne.



C'est fini! Merci pour votre fidélité et à la semaine prochaine! (Et pensez à vous abonner sur Facebook, Twitter ou à la newsletter par mail en entrant votre e-mail tout en haut à droite sur la page, sans oublier de confirmer l'inscription dans le mail qui vous sera envoyé!)

@Dr_Agibus

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