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Blog d'un médecin généraliste, chef de clinique universitaire:
« Guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours. » (Louis Pasteur)

dimanche 6 septembre 2015

Dragi Webdo n°61: Spironolactone et bithérapie AAP (Congrès ESC), AVC/AOD (HAS), exacerbation BPCO, Calprotectine-CRP

C'est la rentrée! Fini les jeux... Enfin presque... C'est une rentrée en douceur pour ma part avec peu d'articles que j'ai eu le temps de parcourir, mais j'en ai pas vu passer beaucoup non plus... En fait, la semaine a surtout été marquée par le congrès de l'European society of cardiology, par lequel je vais commencer.

1/ Congrès ESC:

Je n'y étais pas, je vais cependant mettre en "vrac" les résultats d'études que j'ai vu passer:

- La principale étude a mon sens concerne la spironolactone dans l'HTA qui controlerait 60% des HTA résistantes. L'auteur conclu qu'il ne faudrait donc considérer les patients comme "résistants" qu'après l'échec de la spironolactone. Cependant, cela ne devrait pas dispenser du bilan d'HTA secondaire devant une HTA résistant a une trithérapie avec un diurétique thiazidique. Le protocole déterminait que les patients sous trithérapie reçoivent 25mg de spironolactone, abaissé a 12.5mg en cas de réponse ou augmenté à 50mg en cas d'échec. La tolérance était plutôt bonne, mais la Kaliémie est tout de même a surveiller (Williams B.PATHWAY) 

- L'étude DAPT (dont j'avais parlé ici) était en faveur d'un allongement de la bianti-agrégation plaquettaire après un stent actif à 30 mois au lieu de 12. L'étude française OPTIDUAL comparait 12 mois de bithérapie à 48 mois. Cette fois, il n'y a pas de différence significative sur le critère de jugement principal (mortalité globale, évènement cardiovasculaire, saignement majeur) avec une survenue de  5.8% dans le traitement prolongé versus 7.5% (p=0.17). Au final, rien de décisif. Probablement que la bithérapie prolongée a un intérêt si on sélectionne le bon sous groupe de patient à haut risque cardiovasculaire et faible risque de saignement.. (Helft G. The OPTIDUAL Trial)

- La spironolactone n'a pas d'intérêt dans la prise en charge de l'infarctus du myocarde sans insuffisance cardiaque (Montalescot G, ALBATROSS)

- Faire la sieste diminue l'hypertension artérielle de 4% le jour et  6% la nuit, avec un bénéfice supplémentaire de 4% pour des siestes de plus d'une heure. (Kallistratos M Association of mid-day naps occurrence and duration with bp levels in hypertensive patients. A prospective observational study)


2/ Traitements anti-coagulants:

La HAS a publié une fiche concernant la place des anticoagulants (AVK et AOD) fans la fibrillation auriculaire. Rien de bien neuf, les AOD sont à utiliser en seconde intention. L'intérêt de la publication est surtout le rappel pour les switch d'une classe à l'autre.



3/ Gastro-entérologie

Poursuivons avec une revue Minerva qui revient sur le dépistage des maladies inflammatoires de l'intestin par le couple "CRP- calprotectine fécale". J'en avais déjà parlé mais comme je ne le retiens pas, j'en reparle! La conclusion était qu'une CRP inférieure à 5 et une Calprotectine fécale inférieure à 40µg/g rendent la probabilité d'une MICI inférieure à  1%. Le problème de l'étude analysée est la forte hétérogénéité entre les cohortes qui poussent a prendre ces résultats intéressant avec quelques précautions.

4/ Pneumologie

Je vais finir avec un article parlant d'antibiotiques et de BPCO publié dans Family Practice . L'étude n'est pas randomisée et concernait des médecins ayant un accès à la CRP et d'autres n'y ayant pas accès et avait pour objectif de regarder la prescription d'antibiotiques dans les exacerbations de BPCO. Les auteurs retrouvent une réduction de  65% de la surprescription d'antibio (définie comme la prescription d'antibio pour des exacerbations de BPCO avec 1 ou moins critères d'Anthonisen) et pas de différence de sous prescription (définie comme l'absence d'antibio pour les 3 critères d'Anthonisen présents). Il est regrettable que les critères de jugements ne fassent pas apparaitre les durées d'évolution des exacerbations ou autre complications cliniques qui pourraient intervenir, et que la gravité des BPCO n'apparaisse pas non plus. Bref, la CRP aide a moins prescrire d'antibiotiques, mais on ne sais pas quelles sont les conséquences...


Je vous souhaite une bonne semaine et bon courage pour la rentrée! A la semaine prochaine pour un peu plus de nouveautés si les Revues ont repris le travail!

@Dr_Agibus


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