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Blog d'un médecin généraliste, chef de clinique universitaire:
« Guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours. » (Louis Pasteur)

lundi 18 mai 2015

Dragi Webdo n°50: Pharmacoviglance: toux, GEA, acné, BPCO (ANSM-HCSP), reco prévention paludisme (HCSP), suivi de l'enfant: oph et auditif, ex.clin. & appendicite, variabilité de l'HbA1C

Mais qu'est ce que le temps passe vite!!!! Voilà 1 an déjà que j'écris de Dragi Webdo et nous en sommes maintenant au 50ème!!! Il y a beaucoup plus de lecteur que j'aurai jamais imaginé, alors:
MERCI A VOUS!
Et sur cette note enthousiaste, c'est parti pour les actus de la semaine!


1/ Pharmaco-vigilance

L'EMA et l'ANSM insistent sur le danger de la codéïne chez l'enfant. Pour mémoire, il y a 2 ans, l'EMA avait déjà recommandé de ne plus utilisé de codéïne chez l'enfant avant  12 ans dans son indication antalgiques (ici). Ce sont maintenant les sirops antitussifs avec codéïne qui ont été visés du fait du bénéfice faible et des effets indésirables pouvant être grave. Les antitussifs codéïnés sont donc contre-indiqué avant 12 ans, leur usage n'est pas recommandé avant 18 ans, et tout médicament codéïné est maintenant contre-indiqué pendant l'allaitement comme expliqué  . Etrangement, les dérivés de la codéïne ne sont pas mentionnés: alors, le dextrométorphane, on peut l'utiliser? La balance bénéfice risque n'est pas forcément meilleure...

J'en avais déja parlé précédemment ici , de la restriction de prescription de l'isotrétinoïne orale dans l'acné aux dermatologues. L'ANSM a donc publié un communiqué entérinant cette décision. La lettre est bien faite et reprend les points à suivre lors de la prescription de ces traitements et les modalités de renouvellement avec test de grossesse dans les 3 jours précédents. L'étude utilisée justifiant la restriction aux dermato montre que le test de grossesse était effectué à 67% par les dermato contre seulement 37% par les MG à l'initiation du traitement (ce qui est exactement le contraire de ce qui avait été retrouvé précédemment et que j'avais écrit dans mon billet...)

Ensuite, le HCSP est revenu sur sa décision de recommandé le vaccin anti-rotavirus. Les évolutions défavorables d'un certain nombre d'invagination intestinale aiguë ont conduit à cette décision. Le HCSP rappelle que si la vaccination était effectuée pour convenance personnelles des parents, ils doivent être particulièrement informés des signes d'IIA et de la conduite à tenir.

Enfin, le PRAC réévalue le rapport bénéfice/risque des corticoïdes inhalés dans la BPCO compte tenu de la majoration du risque de pneumopathie infectieuse. Affaire à suivre!


2/ Infectiologie

Les recommandations de prévention du paludisme chez le voyageur ont été publiées par l'HCSP. La modification principale est la suppression des 3 zones car elle n'était adoptée par aucune autre pays que le notre. Pour résumer les traitements: sont recommandés quasiment partout (où y'en a besoin) et sans distinction Atovaquone-proguanil ou Mefloquine ou Doxycycline sauf en amérique centrale où la chloroquine est recommandée.

La revue Minerva s'est intéressé ce mois ci aux antibiothérapies différées dans les infections des voies respiratoires. L'étude retrouvait que l'absence d'antibiothérapie ou l'antibiothérapie différée de quelques jours ne modifiait pas le devenir des patients, ni leur satisfaction. L'étude avait recruté des patients très voir trop large: des patients de plus de 3 ans pouvant être atteint: d'OMA, de pneumopathie, de rhinopharyngite, de bronchite, de grippe et d'angine. Si dans certaines de ces pathologies, l'antibiothérapie a un rôle plutôt sur la durée des  symptomes, il ne faudrait pas conclure par exemple que le traitement par antibiotiques dans toutes les pneumopathies est inutile... Ce qu'il faut retenir à mon sens, c'est l'absence de différence de satisfaction entre les patients ayant reçu un antibiotique différée et ceux n'en ayant pas reçu.


3/ Pédiatrie

En général, l'ophtalmologie n'est pas le fort des MG et le suivi de l'enfant est parfois un peu complexe. Alors quand on mélange les deux.... Bref, heureusement que parfois le BMJ fait des articles en libre accès pour clarifier certaines choses. L'article est particulièrement bien fait et utile, avec des tableaux concis (ci-dessous) et des vidéos pour améliorer sa pratique clinique.
Quand ne pas adresser à l'ophtalmo déjà surbooké et que faire:



Quand adresser à l'ophtalmo parce que là, c'est plus de notre recours, et surtout dans quel délai:


Pédiatrie et BMJ toujours, le second article concernait les troubles de la parole et du langage chez l'enfant et quand adresser. Tout aussi complet, on peut y trouver un long (trop long) questionnaire (en anglais, mais simple à adapter) pour investiguer un peu les troubles. Je retiendrais surtout "quand adresser":
- A partir de 3 ans pour les troubles de la parole et du langage
- Si un bégaiement dure plus de 12 mois
- En cas de trouble, un bilan auditif doit être effectué.


4/ Chirurgie digestive

Deux semaines de suite avec de la chirurgie... Il s'agit encore une fois d'un article portant sur l'appendicite aigüe. Publié dans le JAMA , l'article a étudié les signes cliniques retrouvés ou non lors d'une suspicion d'appendicite aiguë en donnant les rapports de vraisemblance positif et négatif ( RV+ et RV- ) . La fièvre et la douleur à la palpation abdominale sont les signes les plus utiles pour évoquer l'appendicite alors que leur absence rend le diagnostic peu probable. La douleur migrant du cadran péri-ombilical en fosse iliaque droite est un signe avec un meilleur RV+ que l'histoire d'une douleur uniquement localisée en FID. Biologiquement, une NFS avec moins de 10 000 leucocytes ou moins de  6750 PNN rend peu probable le diagnostic (respectivement: RV-: 0.22 et 0.06).


5/ Diabétologie

Mon paragraphe diabétlogique fait son retour avec une étude publiée dans Diabetologia . Elle porte sur les limites de l'HbA1C, non pas dans sa justification comme bon ou mauvais critère intermédiaire dans le diabète mais dans l'interprétation des valeurs. Elle rappelle que l'HbA1C n'est pas interprétable chez les patients porteurs d'une hémoglobinopathie. Elle retrouve que les carences martiales peuvent faire varier l'HbA1C et que les autres anémies sont susceptibles de diminuer l'HbA1C. Que faire dans ce cas là? L'article n'en parle pas. J'avais trouvé un tableau de correspondance (plus ou moins approximative) entre glycémie, HbA1C et fructosamine (qui reflète la glycémie sur les 30 derniers jours):





Voilà pour cette semaine, et encore merci à tous mes lecteurs!
Bonne journée!

2 commentaires:

  1. Merci à toi pour ces news passionnantes !

    Très intéressé par la source du dernier tableau de correspondance, si tu l'as?

    Petit bémol concernant les 2-3 fautes d'orthographe... mais rien de traumatisant!

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    1. Bonjour, merci à toi pour les remarques (j'ai effectivement zappé la relecture du billet, voilà qui sera un peu plus agréable à lire maintenant...) Pour la référence du dernier tableau, je ne l'ai pas, c'est un truc que j'avais récupéré lors d'un de mes anciens stages d'interne. Du coup, je ne sais même pas si la glycémie marquée correspond à une glycémie moyenne quotidienne ou une glycémie à jeun... Si je retrouve un tableau similaire avec une source fiable, je le mettrai sur le blog. Bonne journée!

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