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Blog d'un médecin généraliste, chef de clinique universitaire:
« Guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours. » (Louis Pasteur)

dimanche 25 janvier 2015

Dragi Webdo n°34: vaccin VHB (HCSP), pneumopathies, acné et cancer, alcool, risque cardio-vasc et diabète, activité sportive, HTA, JESFCardio

Bonjour à tous, j'espère que vous avez passé une bonne semaine.
J'introduis ce Dragi Webdo par les Journées Européennes de la Société Française de Cardiologie qui se sont déroulées mi janvier. Les sujets incontournables de l'année 2014 y ont été repris. Une rapide revue des principaux essais est disponible via Medscape.
C'est parti pour la suite des actualités!


1/ Santé publique

Pour commencer, il faut signaler le retour du vaccin BCG-SSI en centre de PMI et en CLAT depuis le 14 janvier. Les recommandations de vaccination n'ont pas changées, alors autant économiser le vaccin pour les enfants les plus à risque.

Peu après le "guide des interactions médicamenteuses" de la Revue Prescrire, l'ANSM met à jour son "thésaurus des interactions". A utiliser sans modération pour limiter la iatrogénie dont nous sommes responsables.

Vaccination toujours, le HCSP a rédigé un rapport concernant les personnes non répondantes à la vaccination anti-VHB. Il n'y a rien de très neuf, un rappel des indications limitées à doser les Ac anti-Hbs (professionnels de santé, patients à risque d'être transfusé, candidats à une greffe, partenaires de personnes infectées par le VHB, et immunodéprimés), et, donc jusqu'à 3 injections supplémentaires (donc 6 au maximum au total) espacées de 4-8 semaines, délai nécessaire avant de rechercher un titre d'anti-corps supérieur à 10UI/L.

Enfin, le point Ebola de la semaine, avec la fin de l'épidémie au Mali qui a été déclarée par l'OMS. Concernant les 3 pays de l'Afrique de l'Ouest, l'épidémie est sur le déclin alors que des essais de vaccins vont être effectués prochainement dans cette zone.


2/ Infectiologie

Ça va être très tourné "pneumopathies" cette semaine. A commencer par une étude du JAMA qui retrouve que l'antécédent d'hospitalisation pour pneumopathie est associé à la survenue d'une coronaropathie. Deux études de cohorte cardiologiques ont été utilisées pour arriver à  cette conclusion. L'explication physiologique m'échappe encore, peut être l'inflammation pro-thrombogène liée au sepsis.

De son coté, le Lancet recherchait l'intérêt d'une corticothérapie courte dans les pneumopathie communautaires hospitalisées. Résultat: 34 heures de moins pour atteindre une stabilité clinique dans le groupe recevant la corticothérapie et pas de différence à 30 jours sur l'issue des infections, au prix d'une multiplication par 2 du nombre d'insulinothérapie nécessaire. Un essai qui ne fera pas introduire ce traitement dans ma pratique ambulatoire...


3/Oncologie

L’acné est une pathologie fréquente touchant 70% des adolescents selon l'AFSSAPS. Une forme sévère serait associée à une augmentation du risque de mélanome de façon indépendante. Il n'y a cependant pas de lien de causalité pour autant, ne nous emballons pas. L'étude ne montre pas de lien entre la durée d'évolution de l'acné et le risque de cancer, elle ne montre pas non plus qu'un traitement de l'acné réduise le risque de mélanome, ce qui serait un argument fort pour la causalité. Cette étude épidémiologique testait également un lien de l'acné avec 7 autres cancers: plus on multiplie les tests, plus on a de risque de trouver un résultat significatif. Les auteurs restent d'ailleurs prudent sur leur découverte.


4/ Néphrologie

Notre exception française poussait déjà à dire que boire du vin réduisait le risque cardio-vasculaire. Pour poursuivre dans les bienfaits de l'alcool, il semblerait que la consommation d'alcool réduise la survenue d'insuffisance rénale. (C'est sur qu'avec 4L de bière, on a forcément une meilleure diurèse qu'avec 1L d'eau....) Bref, n'oublions pas tous les risques de l'alcool, alors pourquoi pas 1 verre par jour? En voilà un qui ne diras pas le contraire...


5/ Cardio-vasculaire

Après la désillusion de la dénervation rénale dans l'HTA résistante, les spécialistes tentent de traiter l'HTA en créant une anastomose artério-veineuse iliaque. D'après l'étude, ça fait magnifiquement baisser la tension à 6 mois, mais ça entraine également 29% de sténose veineuse ipsilatérale. Balance bénéfice-risque, vous disiez?


6/ Diabète

Et pour finir, de la diabétologie, comme souvent. D'abord, le surrisque cardio-vasculaire des diabétiques a été évalué: 3 fois plus d'AOMI, 1,7 fois plus d'AVC, 1,6 fois plus d'insuffisance cardiaque, d'angor stable et d'infarctus non-fatals. Inversement, les diabétiques avaient  56% d'anévrisme de l'aorte abdominale en moins.

Enfin, pour ceux qui sont adeptes des inhibiteurs de DPP-4 et qui rechignent à introduire de l'insuline, cette étude peut vous intéresser. En effet, elle compare l'insuline glargine à la sitagliptine et retrouve que les patients sous insulines ont non seulement un qualité de vie meilleure et coutent moins cher. Alors pourquoi s’entêter à utiliser des médicaments sans efficacité prouvée?

C'est tout pour cette semaine! N'oubliez pas de faire un peu de sport, ça diminue la mortalité quelque soit l'IMC, quelque que soit la perte de poids (ou l'absence de perte de poids...). C'est l'inactivité qui tue!




A la semaine prochaine!


2 commentaires:

  1. Pascal Charbonnel25 janvier 2015 à 10:48

    Si on cherche pourquoi les patients ayant eu une pneumopathie ont plus de risques d'accident cardiaque, peut-être faut il chercher pourquoi ont ils fait cette pathologie pulmonaire ?
    on peut rencontrer un germe et ne pas faire de pneumopathie. Il doit bien avoir une raison quelque part ?

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    1. C'est sur... Y'a quelques études qui retrouvait une association similaire après un sepsis également, d'où l'hypothèse de l'inflammation.

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