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Blog d'un médecin généraliste, chef de clinique universitaire:
« Guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours. » (Louis Pasteur)

samedi 31 mai 2014

Dragi Webdo n°4

Pour une fois, je suis à l'heure dans mon planning de publication! Je commencerais par dire bravo aux D4 pour ces ECN qui n'était clairement pas simples, et donc ceux qui veulent s'entrainer peuvent trouver les sujets ICI et une correction tout à fait non officielle (mais qui peut servir de bon support de réflexion) LA.

J'ai pas eu trop le temps de farfouiller cette semaine. Mais il y a quand même quelques truc qui ont retenu mon attention.
Pour commencer, les AINS (CAY LE MAL!) , et surtout le diclofenac (voltarène et autre) à cause de leur sur risque cardiovasculaire. Mais enfin, on a une instance officielle qui le reconnait. "La commission [de transparence] estime que le diclofénac n’a pas de place dans la stratégie thérapeutique des pathologies relevant d’un traitement par AINS des patients présentant des facteurs de risque significatifs d’événements cardiovasculaires (notamment hypertension artérielle
permanente traitée ou non traitée, dyslipidémie, diabète traité ou non traité, tabagisme actuel ou arrêté depuis moins de 3 ans". La commission est donc en faveur du déremboursement chez les patient avec des facteurs de risque.

Au niveau infectiologie, on a depuis peu un traitement quasi miracle (le sofosbuvir) qui pourrait traiter quasi tout le monde et qui est à un prix quasi exorbitant (enfin, non, complètement exorbitant). Mais bon, la perspective d'un traitement nouveau et efficace donne l'envie de dépister plus de monde puisqu'il y a éventuellement la possibilité de les traiter. (Reste à savoir si on peut vraiment traiter tout le monde en payant 100 000 euros par personne...) Bref, on sait traiter, donc on veut dépister. Les TROD (test rapide d'orientation diagnostique) pour dépister l'hépatite C sont en vogue à la HAS, notamment pour toucher les personnes éloignées des structures de soins et les personnes précaires. Donc un bon point pour le dépistage, mais ces TROD doivent toujours être confirmé par un test ELISA en cas de positivité.

Les statines vont encore faire parler d'elles cette semaine. Plutôt en bien cette fois ci. Elles sont surtout connues pour leur toxicité hépatique et les rares atteintes rénales sont secondaires à des rhabdomyolyses, selon le VIDAL. Etant donné qu'avec les dernières recommandations américaines, une grande partie de la population risque d'être (sur-)traité, il est logique qu'on cherche à les connaitre encore mieux. Et leur profil de tolérance semble plutôt bon au niveau rénal d'après une dernière étude sur le sujet .

Je finirais avec ma chère partie diabétologique, et plutôt cardio-diabétologique pour le coup. D'abord, les études sont des choses bizarres qui ne veulent bien nous montrer que ce qu'elles veulent. Le risque cardio vasculaire est majoré chez les diabétiques , ça on le sait. Pour ce qui est de l'efficacité de l'aspirine, les études chez le diabétique en prévention primaire ne montre pas de résultat significatifs sur l'ensemble des patients, mais une analyse en sous groupe des hommes serait en faveur d'un effet qui est absent chez les femmes (ICI). Mais d'habitude, plus le risque est élevé, plus on arrive à démonter une diminution du risque facilement. Et ben pas pour le diabète visiblement! Un étude montre que les femmes diabétiques ont  44 % de risque d'être coronariennes que les hommes! Donc les patients diabétiques les plus à risque sont les patientes, mais les études n'arrivent pas à démonter qu'on puisse y faire quoi que ce soit... L'EBM et ses mystères...

En restant dans la pathologie coronarienne du diabétique (quand je disais que c'était de la cardio-diabétologie...), le congrès de la société francophone du diabète a repris les recommandations de l'ESC (société de cardiologie européenne) et de l'ESSD (société d'étude du diabète européenne) pour rappeller que le dépistage de l'ischémie silencieuse systématique chez le diabétique n'a pas montré d'intérêt mais qu'il faut cependant cibler ces dépistages au patients les plus à risque:
- AOMI et athérome diffus
- "nombreux" FRDCV
- néphropathie
- activité physique intense
Le congrès propose une répartition de l'aspirine en deux prises espacées de 12 heures chez le diabétique coronarrien. (ça je n'ai pas trouvé la justification EBM), et recommande l'utilisation du score calcique pour évaluer et surveiller le risque coronarien (Vous pouvez en savoir plus sur le score calcique ICI)

Merci d'avoir lu, bonne journée!

2 commentaires:

  1. "On arrive aussi à démontrer qu'en prévention primaire, les traitements de prévention du risque cardio vasculaire sont plutôt efficaces chez les hommes et moins chez les femmes (ICI par exemple avec l'aspirine)."

    Euh… juste non, en fait. Pas de preuve d'efficacité de l'aspirine en prevention primaire. Et même pas dans le cas du diabète si je lis la conclusion de l'étude que tu nous mets en lien. Plus d'infos là: http://www.thennt.com/nnt/aspirin-to-prevent-a-first-heart-attack-or-stroke/

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    1. Oui, je suis d'accord, je me suis mal exprimé. Les chiffres sont pas significatif pour l'aspirine. Mais je voulais "juste" mettre en évidence qu'il y avait une différence homme/femme, que l'analyse du sous groupe homme cependant pouvait montrer quelque chose de significatif mais impossible de conclure sur une analyse de sous groupe. Je vais reformuler ça...

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