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Blog d'un médecin généraliste, chef de clinique universitaire:
« Guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours. » (Louis Pasteur)

dimanche 7 février 2016

Dragi Webdo n°83: corticoïdes inhalés, virus Zika, vaccin (US), acuponcture et syndrome climatérique, infections urinaires, diabète et résistance à l'ofloxacine

Bonjour à tous en ce dimanche ensoleillé! J'espère que votre semaine a été bonne. Cette semaine s'est déroulé le congrès des internes de médecine générale à Strasbourg dont vous pouvez suivre le déroulé sur Twitter #CongresIMG. Et maintenant, les actualités!


1/ Pneumologie

L'European Respiratory Journal revient sur la place des corticoïdes inhalés (CSI) dans la BPCO. L'essai contrôle randomisé dont il parle retrouvait que l'association beta2 + anticholinergique + placebo était non inférieure à beta2 + anticholinergique + CSI en terme d'exacerbation de BPCO. Cependant le VEMS était un peu moins bon sans CSI sans retentissement cliniquement pertinent. Ce débat sur les CSI dans la BPCO intervient devant une augmentation du risque de pneumopathie chez les patients BPCO traités. Il semblerait que l'association beta2+ anticholinergique, alternative proposée par le GOLD 2015,  soit peut être à privilégier.


2/ Infectiologie

L'INPES a mis à disposition une fiche d'information sur le Virus ZIKA. La suspicion doit être pensée devant une exanthème maculo-papuleux associé à : une hyperhémie conjonctivale ou des myalgies ou des arthralgies, notamment en cas de séjour aux Antilles, amérique centrale et du sud, Asie du sud est et océanie. Le diagnostic repose sur une RT-PCR dans le sang et les urines. La fiche est disponible ici.

Une étude transversale portant sur les infections urinaires en ambulatoire a retrouvé que les résistances E. Coli au bactrim atteignaient 25% des infections, 17% pour l'ofloxacine et seulement  1% pour la fosfomycine. Bien que il ne soit pas possible de différencier les ECBU qui étaient effectués pour des cystites ou pour des pyélonéphrites, la fosfomycine reste l'antibiotique à privilégier compte tenu de son faible taux de résistance.

A titre de comparaison, le comité des vaccinations américain a publié ses recommandations 2016 pour l'adulte. Rien de très neuf par rapport à 2015 mais de grandes différences avec la France: Grippe recommandée tous les ans pour tous, diphtérie/tétanos/coqueluche tous les 10 ans (pas de valence poliomyélite), vaccin anti HPV chez les hommes jusqu'à 21 ans et 26 ans chez les femmes et  vaccin Zona à partir de 60 ans quelque soit l'antécédent de zona.


3/ Gynécologie

Bien souvent, les traitements hormonaux de la ménopause sont prolongés parce que l'arrêt entraine la réapparition de symptômes invalidant. Des auteurs se sont donc tourné vers des l'acuponcture. Malheureusement, au terme d'un essai contrôle randomisé, l'acuponcture n'a pas été plus efficace que l'acuponcture "placebo" pour réduire les bouffées de chaleur. 


4/ Diabétologie

Les infections urinaires chez le patient diabétique étant fréquente, une étude a comparé les résistances bactériennes en ville des patients diabétiques en les appariant à des patients non diabétique sur l'âge, le sexe et l'antécédent d'infection urinaire. Ainsi, en prenant en compte ces potentiels facteurs de confusion, il apparait que les diabétiques ont significativement plus de risque d'avoir une infection à un germe résistant à l'ofloxacine (OR= 2.09) et au cefixime (OR= 3,67) que les patients non diabétiques. Or, ce sont bien les fluoroquinolones et les C3G qui sont recommandées en traitement probabiliste en cas de pyélonéphrite. Ceci incite à la plus grande prudence, d'autant plus que pour les adeptes des chiffres absolus, les résistances à l'ofloxacine et au cefixime concernaient respectivement presque 25% et 10% des patients diabétiques.

Enfin, ce n'est pas pour enfoncer des portes ouvertes, mais plus on est sédentaire, plus on est à risque de diabète et de syndrome métabolique! C'est ce qu'a retrouvé une étude utilisant un accéléromètre pour quantifier l'activité des patients. Ainsi, les auteurs ont retrouvé une augmentation du risque de diabète de 22% et de syndrome métabolique de  39% par heure de sédentarité (sur 24h). 


C'est tout pour cette semaine. J'espère que vous remarquez que j'essaye d'être plus concis dans le nombre d'articles présenté pour qu'ils collent plus à des problématiques de médecine générale. Merci des retours qui m'aident à faire évoluer cette chronique. A la semaine prochaine!

@Dr_Agibus



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