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Blog d'un médecin généraliste, chef de clinique universitaire:
« Guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours. » (Louis Pasteur)

vendredi 15 août 2014

De l'autre côté du bureau

La voiture a démarré, on a pris le chemin de l’hôpital. Non pas l’hôpital le plus proche, mais le CHU, parce que les urgences de l'hôpital le plus proche, j'y ai bossé et que je ne veux pas qu'on me reconnaisse. J'ai donc fait confiance à la formation universitaire, parce que les externes et les internes, et les chefs sont généralement très bien (enfin, c'est ce que les patients me disaient!)
Alors que le stress des hypothèses diagnostiques vient gêner la concentration du conducteur, l’hôpital est entré dans mon champ de vision. Mais pas dans celui de Madame, trop concentrée à essayer d'oublier sa douleur en me demandant "C'est encore loin?" et me maudissant intérieurement de l'avoir amené faire cette balade probablement inutile.

Tout ça pour dire, que j'ai testé des urgences en tant qu'accompagnant.

Bien sur, je me suis gardé de dire que j'avais quelques connaissances médicales. J'ai surtout envie de distribuer un bon point aux infirmières et aides soignantes. Accueil plutôt chaleureux, temps d'attente relativement court, bonne compétence d'après ce que j'ai pu observer. Puis est venu le temps médical.
Malheureusement, le gynécologue qui est venu ne s'est pas présenté, vociférant des demandes en montrant clairement qu'il était pressé de passer au patient suivant pour pouvoir aller prendre son diner (il était environ 20h30). C'est cependant l'autre personne, en blouse et qui accompagnait le médecin qui a été fourrer son bras entre les jambes de la patiente. On se demande encore quelle était le nom ou même la fonction de la personne qui se trouvait à l'autre bout de ce bras.
L'examen fini, on me réinvite a participer à la discussion. Pas d'explications données, tout va bien, au revoir! -en même temps, Madame avait toujours trop mal pour pouvoir enregistrer d'éventuelles informations - Ah, si, la phrase traditionnelle "Si ça persiste dans une semaine, reconsultez!" à comprendre comme "Je ne sais pas ce que vous avez, mais si c'est grave, je vous ai prévenu histoire de me couvrir".

Quelques jours plus tard, la douleur de Madame ne s'améliore pas, et on décide d'aller cette fois à l'hôpital de proximité, et pas grave si on me reconnais. Peut être qu'avec le temps on m'aura oublié... En tous cas, en arrivant, moi, je les reconnais. Bref, je reste discret dans mon coin, j'observe. L’accueil est également impeccable. Puis après une attente relativement courte, un externe vient, se présente, fait son boulot d'externe. Je ne me souvenais même pas que le petit hôpital de périph' avait des externes aux urgences... Puis l'interne arrive, se présente et explique rapidement ce que l'externe reprendra plus de temps à expliquer à Madame et à moi. Rien de grave au final, mais cette fois, c'est clair.

Bref, on ne se rend jamais bien compte de ce que perçoivent les patients, leur accompagnants, et que pour un même motif, une consultation relativement similaire, le ressenti peut être totalement différent. L'examen est le même, la conclusion aussi. Mais un certain nombre de petit détails permettent aux patient de mieux surmonter leurs plaintes.

Note pour plus tard: penser à relire ce billet si jamais je venais à oublier...

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